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Porn Shavingsweetstrippedsuperheroine K Cunt Nekkid Ru Eersteklasse Nieuws Item 11 Toppers Met Een Beerschot Verleden Cunt Nekkid Que pensent les ouvrières de Lejaby de la série “Les Vivants et les Morts” ? - Télévision - Télérama.fr

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Les femmes de la série, des battantes, des héroïnes exaltées ont marqué plus dans la lutte collective que dans l'intimité de la passion amoureuse... « Il n'y a qu'un homme chez nous ! », plaisante l'une des « filles ». « Cette Dallas, prête à aller jusqu'au bout », force l'admiration de Jocelyne. Christine a « été touchée » par la réunion des femmes après leur licenciement, mélange de légèreté gouailleuse et de rage. Cette manière d'associer le grave et le léger, elles s'y reconnaissent totalement. « Nous aussi, on avait des moments de rigolade lors­qu'il fallait se planter devant les grilles de l'usine de Rillieux à cinq heures du matin pour empêcher l'entrée des premiers camions de livraison, raconte Jocelyne Laverdure. Ça faisait très longtemps qu'il n'y avait pas eu un combat de femmes. C'est pour cela qu'on a été autant médiatisées... » Ensemble, elles se souviennent de la vague de solidarité soulevée à Ril­lieux : des petits mots d'encouragement, des fleurs, de la nourriture et « même un pot-au-feu apporté par un monsieur qui avait fait 200 kilomètres »... Au Teil, qui compte 60 salariées, la lutte des Lejaby a mobilisé les élus locaux mais pas les foules. « On voit que les plans sociaux, les délocalisations sont entrés dans les moeurs, regrette Bernadette Garcia. Rien qu'ici en Drôme-Ardèche, il y a trois entreprises dans ce cas. »

A quoi peut bien servir, alors, une fiction sur cette violence économique ? A montrer sans doute la réalité intime qui se cache derrière le licenciement et échappe aux feux de l'actualité. « La scène où Dallas se rend compte qu'elle n'a plus de couches et pas un sou pour en acheter m'a touchée », lance Eladia Courbière, entrée à 20 ans chez Lejaby, il y a vingt-sept ans. « Ce sont des situations financièrement très fragiles, ajoute Bernadette. La direction ne comprenait pas pourquoi on réclamait l'indemnité supra-légale. Mais avec un Smic, on patine. Toucher cet argent, c'est avoir les moyens de changer la chaudière ou la voiture parce qu'avant on n'a jamais pu. Puis, un licenciement, ce n'est pas que la perte d'un revenu, c'est un grand vide. Moi, je l'assimile à un divorce. Il faut le vivre pour comprendre. On ne mesure pas encore la difficulté qu'on va avoir à trouver un emploi similaire, un CDI à temps plein. Tout recommencer, c'est lourd à l'âge qu'on a (1). » « Quand on nous a annoncé la fermeture, raconte Jocelyne, on nous a gentiment envoyé une psychologue. La seule chose que j'avais à dire à cette dame c'est : un pan de ma vie s'écroule. Ce n'est pas rien quand vous avez fait trente-quatre ans au même endroit, eu des enfants et maintenant des petits-enfants. »

A l'heure où les portes de l'usine sont refermées à clé par une silhouette discrète, un rayon de soleil éclaire le parking de l'atelier. On oublie un peu les formations « qui font peur », les reconversions... On plaisante sur la coupe des unes, les découvertes des autres en matière de SMS, durant le « siège » de Rillieux. Quelques « filles » évoquent, à l'imparfait, la satisfaction de fabriquer de « beaux produits », ce savoir-faire « qui ne compte pas pour les patrons ». Un peu plus tôt, Bernadette Garcia s'était interrogée tout haut : « Peut-être que si on nous avait filmées comme dans la série, au jour le jour, il y aurait eu aussi matière à faire un film, plein de petites histoires à raconter... »

 

 

 

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(1) Moyenne d'âge des salariées : 49 ans.

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